Trois films, un chef opérateur

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Nous avons profité de la sortie d’Orpheline d’Arnaud des Pallières, de Sage Femme de Martin Provost, et de la sélection à un Certain Regard à Cannes du film de Michel Franco Les Filles d’Avril, pour poser quelques questions à Yves Cape, membre de la SBC.

Sage Femme de Martin Provost

Synopsis : Claire est la droiture même. Sage-femme, elle a voué sa vie aux autres. Déjà préoccupée par la fermeture prochaine de sa maternité, elle voit sa vie bouleversée par le retour de Béatrice, ancienne maîtresse de son père disparu, femme fantasque et égoïste, son exacte opposée.

Date de sortie : 22 mars 2017 

Durée : 1h57 min

Nationalité : Français

Avec Catherine Frot, Catherine Deneuve, Olivier Gourmet

Genre : Comédie dramatique

Production : Curiosa Films,  France 3 Cinéma,  Versus Production 

Budget : 6,8 millions d’euros

Orpheline d’Arnaud des Pallières

Synopsis : Portrait d’une femme à quatre âges de sa vie. Petite fille de la campagne, prise dans une tragique partie de cache-cache. Adolescente ballottée de fugue en fugue, d’homme en homme, puisque tout vaut mieux que le triste foyer familial. Jeune provinciale qui monte à Paris et frôle la catastrophe. Femme accomplie enfin, qui se croyait à l’abri de son passé. Quatre actrices différentes incarnent une seule et même héroïne.

Date de sortie : 29 mars 2017 

Durée : 1h51 min

Nationalité : Français

Avec Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot, Gemma Arterton, Vega Cuzytek                          et Nicolas Duvauchelle

Genre : Drame

Production : Les Films Hatari,  Les Films d’Ici,  Arte France Cinéma

Budget : 4.6 millions d’euros

 

Les filles d’Avril de Michel Franco

Synopsis : Valeria a 17 ans, elle vit avec sa sœur ainée Clara dans une maison sur la plage. Elle est enceinte et elle compte bien garder l’enfant et l’élever avec son petit copain à peine plus âgé qu’elle. Dépassée par les évènements, Clara décide de prévenir leur mère, Avril, à son insu. Mais quand celle-ci arrive, au grand étonnement général, elle soutient le choix de Valeria et l’aide à s’occuper du bébé. Pourtant son aide n’est pas toujours dans le meilleur intérêt de sa fille.

Date de sortie : Prochainement 

Durée : 1h30 min

Nationalité : Mexicain

Avec Emma Suárez, Ana Valeria Becerril, Hernán Mendoza, Joanna Larequi, Enrique Arrizon

Genre : Drame

Production : Lucia Films 

Budget : 1.5 Millions d’euros

 

Quand on a discuté de la possibilité de faire une interview sur ces trois films, je ne pensais pas trouver autant de points communs entre eux, surtout au niveau thématique. Pourtant les trois films parlent de femmes et dans chacun, il y a une grossesse, une naissance, un cycle. Dans Sage Femme, le personnage de Catherine Frot accouche des femmes, et, alors qu’elle est retrouvée par l’ancienne maîtresse de son père en fin de vie, son fils lui annonce qu’elle va être grand-mère. Dans Orpheline, on suit le même personnage à quatre étapes de sa croissance de l’enfance à l’âge adulte, et à la dernière époque, elle est enceinte, ce qui va la conduire à faire des choix très difficiles. Dans Les Filles d’Avril : une mère vient aider sa fille de dix-sept ans à s’occuper de son enfant qui vient de naitre, puis décide de lui voler sa vie. C’est étrange cette récurrence thématique pour des films si différents.

YC : Oui c’est vrai, je n’y avais pas pensé. Ce sont des portraits, des portraits de femmes. J’aime bien les portraits, j’ai commencé par faire ça quand j’étais photographe et ça m’est resté. Les visages m’intéressent, ils me parlent.

Sage Femme est un film assez classique dans sa construction narrative et son découpage, même s’il a été entièrement tourné à l’épaule. Martin souhaitait quelque chose de très vivant, mais de très mis en place et découpé à l’avance. Le découpage a été fait en grande partie en préparation.

Catherine Frot dans Sage Femme

Orpheline est plus compliqué au niveau scénaristique avec une narration fragmentée et une mise en place de tournage autour du point de vue des quatre héroïnes. Le film est tourné aussi en grande partie à l’épaule. C’est un film plus moderne, plus original. Avec Arnaud, il n’y avait pas de découpage prédéfini. Je construisais le cadre avec les comédiens, au fur et à mesure des prises, en écoutant les commentaires de chacun. J’aime beaucoup ce travail qui se fait en connivence avec les comédiens surtout quand on travaille à l’épaule. Pour des raisons indépendantes de ma volonté, je n’ai pas pu faire l’étalonnage, c’est dommage, le film manque de cohérence au niveau de l’étalonnage bien que les bases de ce qui existe étaient des options que nous avions déjà prises dans les rushs.

Solène Rigot dans Orpheline

Les filles d’Avril est lui extrêmement bien construit, comme son scénario, même si la version finale diffère fort de celui-ci. Il n’y a pas d’épaule dans ce film, le film est principalement composé de plan séquence. Quasiment chaque scène est en un plan. Michel a une façon de travailler très particulière : il monte le film au fur et à mesure du tournage sur le plateau. Le monteur est là en permanence et à la fin de chaque plan, pendant les installations techniques, à la pause déjeuner, soit dès qu’il a un moment, ils travaillent le montage. Chaque jour, il réécrit le scénario, supprime des séquences, en rajoute, change leur chronologie, change leurs sens ! Michel manipule la narration de ses films, comme un rubikcube. Le film se tourne donc obligatoirement dans l’ordre chronologique. C’est le deuxième film que je fais avec lui et aujourd’hui je suis presque habitué, mais sur Chronic, le premier film que j’ai fait avec lui, j’étais paniqué. Maintenant j’adore, j’ai réellement la sensation de participer à la mise en scène et de construire le film avec lui.

Ana Valeria Becerril dans Les Filles d’April

Tu as tourné les trois films à la suite ?

YV : J’ai d’abord tourné Orpheline à la fin de l’été 2015. Le tournage a été assez long : onze semaines, réparties entre la région parisienne, les alentours de Lyon et quelques jours en Roumanie. J’ai travaillé quatre semaines en préparation avec Arnaud. Ensuite, j’ai tourné Sage Femme en neuf semaines au printemps 2016, aux alentours de Mantes-la-Jolie et à Liège pour les séquences d’hôpital et les accouchements que nous n’avions pas le droit de tourner en France. La préparation a duré un mois. Pour finir, Les filles d’April a été tourné en sept semaines d’octobre à décembre 2016 au Mexique. J’ai fait six semaines complètes de préparation avec Michel sur place. Michel a sa propre maison de production, Lucia Films, avec laquelle il produit lui-même ses films, mais aussi d’autres projets qui ont remporté de nombreux prix dans les festivals ces dernières années.

Adèle Exarchopoulos dans Orpheline

Les ambiances lumineuses de ces trois films sont plutôt naturalistes, et pourtant elles sont très différentes les unes des autres. Peux-tu nous parler un peu de tes intentions ?

YC : Le système technique est le même pour ces trois films : une RED weapon Dragon, des Leica SUMMILUX C. Pour la caméra, depuis l’arrivée du capteur Dragon, je travaille en RED, c’est le seul système qui me donne exactement ce dont j’ai besoin pour travailler l’étalonnage comme je le veux. Pour chacun de ces films, la lumière est naturaliste, au sens où il n’y a pas d’« effet de lumière » qui vient rejouer la scène ou qui ne puisse se produire naturellement. J’ai utilisé principalement des LiteMate de LiteGear, des Boa de RubyLight et des Skypanel de Arriflex.

Pour Sage Femme, Martin voulait une ambiance lumineuse qui évolue de la fin de l’hiver au début du printemps pour accompagner la chronologie de l’histoire. Nous avons eu une météo capricieuse, mais à force de persévérance et avec l’aide de l’étalonnage, nous avons obtenu ce qu’on voulait. Les deux actrices, Catherine Deneuve et Catherine Frot demandaient beaucoup d’attention de ma part pour la lumière. Pour les extérieurs jour, que d’habitude j’éclaire très rarement, j’ai fait construire un cadre très léger, mais rigide de 1,5 m par 2 m tenus par deux perches avec, le plus souvent, un tissu Rosco noir et si nécessaire toute une possibilité de toiles différentes. Dès que c’était possible, les électriciens suivaient les comédiens avec ce cadre qui permettait de couper toute lumière qui venait d’en haut et donc d’adoucir les ombres sur leurs visages. C’était un vrai challenge pour moi de faire un film avec ces deux actrices sans trop éclairer. Le film comportait plusieurs scènes très longues et très dialoguées en intérieur. Bien que cela était très compliqué pour la lumière, j’ai proposé de faire ces scènes à deux caméras pour que Martin puisse avoir une matière plus riche au montage et pour laisser la plus grande liberté possible aux comédiennes sans les épuiser. D’une manière générale, je me suis attaché à avoir la lumière la plus douce possible sur le visage des actrices, sans pour autant détruire l’ambiance des scènes.

Catherine Deneuve dans Sage Femme

Pour Orpheline, c’est tout le contraire ! Arnaud des Pallières aime les images contrastées, dures et saturées ! Le très beau scénario, son magnifique casting et les demandes d’Arnaud m’ont permis de faire quelque chose d’assez différent de ce que je fais d’habitude : beaucoup de contraste et beaucoup de saturation. En concertation avec le chef décorateur (Guillaume Deviercy) et la chef costumière (Nathalie Raoul), nous avions opté pour beaucoup de couleurs dans tous nos choix de costume et de décors. Tout en gardant un esprit de lumière naturaliste, la même façon de travailler et le même type de matériel lumière, mais en faisant des choix plus extrêmes le résultat est complètement différent. Malheureusement, je n’ai pas pu achever mon travail qui doit aller jusqu’à l’étalonnage.

Adèle Hanael dans Orpheline

Je viens justement de finir l’étalonnage de Les Filles d’Avril de Michel Franco, il y aura eu cinq mois entre le tournage et la finition du film ! La demande de Michel était la même que pour Chronic, une lumière discrète normale et qui ne se voit pas. Que se soit pour la décoration, les costumes, la lumière ou les mouvements de caméra, dès que c’est trop présent Michel demande de trouver d’autres solutions. J’ai donc essayé d’éclairer le moins possible. J’ai travaillé beaucoup avec des tissus noir, écru ou blanc pour soustraire, adoucir compenser. Mes installations lumière étaient le plus simple possible et venaient soutenir ce qui existait naturellement ou que j’imaginais pouvoir exister. Lors d’une projection du film, on m’a fait remarquer qu’il n’y avait presque pas de « lumière ». C’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire ! Parce que ce n’est pas vrai ! Il y en a, mais elle est discrète ! Je me rends compte que la lumière ne m’intéresse pas en soi, ce qui m’intéresse c’est le scénario, la mise en scène et les comédiens. Yves Vandermeeren a dit un jour : « Le cadreur n’appartient pas à l’équipe caméra, mais à l’équipe mise en scène. ». J’ai mis du temps à comprendre complètement cette phrase, mais aujourd’hui, c’est fait ! Je sais ce que j’aime maintenant dans mon travail d’opérateur. La lumière, avec les autres composantes de l’image, le décor et les costumes, propose un cadre et j’aime que celui-ci ne soit pas débordant, qu’il offre des possibilités au spectateur sans lui imposer des sentiments.

Joanna Larequi dans Les Filles d’Avril

Revenons un peu à Sage femme. Le film s’ouvre sur une séquence d’accouchement très très réaliste, au point qu’on en ressent la force et la douleur dans notre fauteuil de cinéma. Il y en aura plusieurs dans le film qui feront un effet similaire, même si c’est un peu atténué. Comment filme-t-on ces moments si vrais, si intimes et si puissants afin de les intégrer ensuite à une fiction ?

YC : Pour pouvoir filmer les accouchements, nous avons suivi plusieurs femmes enceintes dans les derniers mois de leur grossesse. Elles étaient supposées accoucher la même semaine dans deux hôpitaux différents où nous avions l’autorisation de tourner. Dans le plan de travail, on avait fixé cinq jours où l’on se tenait à disposition jour et nuit. On a eu de la chance, car en trois jours, on a eu tout ce qu’on voulait. Cette scène d’ouverture a été tournée en petite équipe. Dans la salle d’accouchement, il y avait Catherine Frot, l’assistant caméra, le perchman et moi. Martin, l’assistante mise en scène, l’ingénieur du son, la maquilleuse et le deuxième assistant caméra étaient dans une autre pièce avec un retour vidéo. Une gynécologue faisait tout le travail préparatoire et au moment de la sortie du bébé, Catherine la remplaçait et posait le bébé sur le ventre de la maman. Certains des plans que nous avons tournés lors de ces trois jours ont été rajoutés dans d’autres accouchements qui eux étaient, joués.

Catherine Frot dans Sage Femme

Dans Orpheline, le projet était de filmer quatre comédiennes différentes pour un même rôle. Comment avez-vous travaillé cette continuité ?

YC : Le film se passe sur une vingtaine d’années, mais dès nos premières discussions avec Arnaud, on s’est dit qu’il serait intéressant de tenter de faire oublier toutes ces questions d’époque au spectateur, que ce soit en termes de décors, d’accessoires ou de costumes, mais aussi de lumière. Alors que l’on change d’actrice et que le film évolue dans le temps, de l’enfance à l’âge adulte, il n’y a pas d’évolution dans le style des vêtements, des voitures et de la décoration. Au niveau de la lumière, c’est la même idée, l’époque ne change pas.

Pour ce qui est du cadre, l’idée était de suivre tout le temps chaque héroïne, de rester coller à elle quoiqu’il arrive. Le film a été tourné presque entièrement au 40 mm afin de renforcer le plus possible l’impression que nous sommes avec elle et dans son point de vue. Cette façon de filmer identique dans les quatre périodes aide, il me semble, à faire comprendre qu’il s’agit du même personnage. Le découpage venait à chaque fois très naturellement : soit je cadrais l’actrice en me servant de ses déplacements, soit j’adoptais son point de vue. Avec des actrices comme Solène Rigot, Adèle Exarchopoulos Adèle Haenel c’est vraiment un travail passionnant et très excitant. Avec Vega Cuzytek la jeune interprète de huit ans c’est plus fragile, il a fallu lui laisser beaucoup de liberté, mais en même temps arriver à faire les plans que nous voulions. J’adore l’effet de la caméra épaule, mais j’essaye d’éviter le plus possible que l’on sente les pas de l’opérateur dans ses déplacements. Je me fais donc souvent « conduire » sur un système avec des roues sur lequel je peux tourner sur mon axe à 360 degrés. Ce système varie suivant la taille du décor, la qualité du sol et la vitesse du déplacement.

Vega Cuzytek dans Orpheline

Dans les Filles d’Avril, je trouve qu’il n’y a pas à proprement parler de personnage principal. Au début, on suit Valeria, une jeune fille de dix-sept ans enceinte. Puis sa mère, Avril, arrive et on ne sait plus très bien qui est notre référent dans l’histoire. Ensuite, quand Avril part pour Mexico, on la suit et Valeria devient un personnage secondaire. Cependant, à la fin du film, Valeria retrouve la trace de sa mère et redevient l’héroïne du film. C’est très particulier.

YC : La construction du scénario était déjà comme cela. Il y a une continuité dans le temps, mais durant cette période, on suit différents personnages. Quand on retrouve l’un d’entre eux, il a évolué sans nous. La fille et la mère deviennent chacune leur tour le personnage principal jusqu’au dénouement de l’histoire. 

Quand Michel commence ses tournages, il a déjà un montage, mais à la place de chaque scène, il  y a un carton noir. Ensuite, il complète petit à petit, puis change, réécrit, inverse.. Il remet perpétuellement en question l’histoire, la matière et la compréhension des scènes. Michel me demande un travail d’investissement que l’on ne m’a jamais demandé avant. Nous discutons de tout ce qui concerne les aspects artistiques du film, je participe à toutes les décisions, il a fait de moi son collaborateur principal. C’est fantastique, je ne pensais pas qu’un jour je collaborerais comme cela à la création d’un film.

Emma Suárez dans les Filles d’Avril

Dans les trois films, il y a une certaine intimité avec les comédiennes. Tu filmes leur corps avec beaucoup de grâce : que ce soit Catherine Frot sous la douche, le corps nu d’Adèle Haenel entremêlé à celui de Jalil Lespert, Adèle Exarchopoulos en train de faire l’amour à des sexagénaires, le corps meurtri par les coups de Solène Rigot, le corps mince et pourtant gonflé par la vie d’Ana Valeria Becerril ou encore Emma Suarez, faisant l’amour avec un garçon de dix-sept ans… Comment arrives-tu à gagner leur confiance ?

YC : Pour moi, le travail avec les comédiens est ce qu’il y a de plus important, car c’est là que se joue la mise en scène. Pour nouer un vrai lien avec eux, il faut qu’ils comprennent ce que tu fais, pas de manière technique, mais en quoi ça aide leur personnage, de même qu’il faut que moi, en tant que chef opérateur, je me mette au service de leur jeu. Une vraie relation de confiance entre comédiens et chef opérateur doit être amorcée par le réalisateur. C’est très important sinon très vite l’opérateur se retrouve en porte-à-faux. La place de l’opérateur c’est le réalisateur qui la décide et pas l’inverse. Par exemple, quand Michel m’a présenté à Emma Suarez (double Goya cette année pour le premier rôle et pour le second rôle !) il m’a présenté comme étant son collaborateur intime, et il a ajouté qu’il faissait le film avec moi. Une fois cette introduction faite, nous avons travaillé tous les trois en connivence complète.

Adèle Exarchopoulos dans Orpheline

Je trouve qu’on garde, surtout dans Orpheline, mais dans une moindre mesure dans Les Filles d’Avril et dans Sage Femme, longtemps un doute sur les décors. On ne sait pas très bien où on est.

YC : C’est toujours compliqué les décors. Le réalisateur doit choisir la place qu’il veut leur donner : est-ce qu’ils doivent être signifiants ou au contraire indistincts ? Les trois films ont un point commun, c’est la logique qui est privilégiée et pas la beauté des lieux. Ça ne m’arrange pas toujours, mais c’est juste, donc je m’y plie !

Pour Sage Femme, Martin a situé l’histoire à Mantes-la-Jolie c’est une ville assez caractérisée de la banlieue parisienne : d’un côté il y a des cités assez dures, de l’autre une petite bourgeoisie de province, mais aussi des jardins ouvriers au milieu des bras de la Seine. Il voulait qu’on identifie ces repères, de la même manière qu’il voulait qu’on perçoive que quand Catherine Frot se rend à Paris, c’est un dépaysement pour elle. Les décors comme les costumes devaient dire quelque chose des personnages et permettre de pointer leurs traits de caractère.

Catherine Deneuve dans Sage Femme

Pour Arnaud, l’important était qu’on ne fasse pas attention aux lieux et aux époques, mais qu’on se concentre sur les personnages. On a décidé en préparation d’aider à construire une image saturée et contrastée avec les décors, le maquillage et les costumes. On a donc privilégié des couleurs vives et saturées pour les murs et pour les costumes.

Gemma Arterton dans Orpheline

Pour Michel, l’important était d’avoir trois lieux distincts à une certaine distance les uns des autres : la maison de la plage, la ville à une petite distance en voiture et la grande ville beaucoup plus loin. Mais tout cela devait se ressentir discrètement. Même si les décors donnaient des informations sur les personnages, ils ne devaient pas être envahissants. On a plutôt enlevé de la couleur pour rendre les décors le moins envahissants possible. Michel s’est arrangé pour que les comédiens puissent vivre dans les décors avant le tournage de façons à ce qu’ils se les approprient. Ça a donné un côté très juste à l’agencement des décors. Ce sont des petits détails comme ceux-là qui construisent l’ambiance.

Emma Suárez dans les Filles d’Avril

Sage Femme de Martin Provost

Matériel :

Caméra : RED weapon Dragon, Leica Summilux-C

Loueur caméra : TSF

Loueur matériel élétro : TSF

Loueur machinerie : TSF

Laboratoire : M141 Thibault Carterot

Equipe :

Opérateur steadicam : Loic Andrieu

AC : Sylvain Zambelli et Mathieu Cassan

Chef électro : Jean-Noël Viry

Chef machino : Emmanuel Van Wambeke

Étalonneur : Richard Deusy

Catherine Frot dans Sage Femme

Orpheline d’Arnaud des Pallières

Matériel :

Caméra : RED weapon Dragon, Leica Summilux-C

Loueur caméra : TSF

Loueur matériel élétro : TSF

Loueur machinerie : TSF

Laboratoire : M141 Thibault Carterot

Equipe :

AC : Sylvain Zambelli et Mathieu Cassan

Chef électricien : Marc Lambert

Machiniste : Emmanuel Van Wambeek, Marc Saclier et Thomas Blanc

Étalonneur : Arnaud des Pallières

 

Solène Rigot dans Orpheline

Les filles d’Avril de Michel Franco

Matériel :

Caméra : RED weapon Dragon, Leica Summilux-C

Loueur caméra : Revolution Mexico Fernando Hernandez

Loueur matériel élétro : Revolution Mexico Fernando Hernandez

Loueur machinerie : Revolution Mexico Fernando Hernandez

Laboratoire : M141 Thibault Carterot

Equipe :

Opérateur steadicam : Christian Gibson

1er AC : Noe Muñoz

Chef électro : Juan Martínez Huerta

Chef machino : Adrian Mares

DIT : Diego Sanchez

Étalonneur : Richard Deusy

Ana Valeria Becerril dans Les Filles d’April